Simca/Talbot Horizon, elle aurait pu mieux faire si…

Simca, Talbot ? Seuls les moins jeunes de mes lecteurs peuvent se souvenir de ces marques, peut-être même ont-ils une anecdote personnelle avec elles, d’autre part, je suis certain qu’ils se rappelle du fiasco Talbot.

Petit retour en arrière

Pour les plus jeunes, revenons sur le parcours chaotique de cette entreprise : la SIMCA, Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile, a été créée en 1934 pour fabriquer des Fiat sur le sol Français. En effet, malgré la période de dépression économique, la marque Italienne connaissait un certain succès en France et voulait continuer son expansion. En même temps, cela permettait de contourner les taxes douanières sur les produits importés. Un bon moyen de répondre à ces contraintes était tout simplement de s’y implanter, mais il fallait ménager la susceptibilité du gouvernement français voyant d’un mauvais œil l’installation d’une société étrangère sur son territoire. C’est la raison pour laquelle d’une part, il n’y a que des Français parmi les membres fondateurs, au grand dam du très actif patron Italien Henri-Théodore Pigozzi, et d’autre part, que les véhicules, à la demande du service des mines, seront baptisés Simca au lieu de Fiat. Ainsi, la Simca 5 n’est autre qu’une Fiat 500 « Topolino » rebadgée. En 1954, Simca continue sa croissance en absorbant Ford France et raflant au passage l’usine de Poissy qui sera agrandie, modernisée, et deviendra un véritable emblème de la marque. A peine quatre ans plus tard, nouveau tournant avec l’association Simca-Chrysler : le constructeur américain voulant se mettre au diapason de ses concurrents et compatriotes de toujours, Ford et General Motors, cherche à investir le marché Français. Au départ actionnaire minoritaire, Chrysler va peu à peu étendre son emprise sur la société Simca jusqu‘en 1963 où il deviendra majoritaire au détriment de Fiat. Les Américains auront donc les mains libres pour organiser la société comme bon leur semble, mais les méthodes de travail, la politique produits et les mentalités divergentes entre Européens et Américains, vont créer des tensions. Vous rajoutez à cela une division anglaise, avec ses produits obsolètes et largement déficitaires, la crise pétrolière de 1973, et vous aurez un résultat sans appel : Chrysler se retrouvera en difficulté des deux côtés de l’Atlantique. Panique à bord, le constructeur va se recentrer sur son marché domestique pour sauver les meubles en se débarrassant au plus vite des entités Européennes. C’est Peugeot qui va racheter cet ensemble deux ans seulement après avoir acquis Citroën. Mais le morceau est difficile à digérer, l’outil industriel est vieillissant car l’argent gagné les dernières années n’a pas été investi dans l’appareil de production mais a servi à renflouer les pertes anglaises et américaines ! Autre complication, un héritage de marques hétérogènes, Rootes, Hillman, Sunbeam, Simca, etc… qui va pousser Peugeot à faire le ménage en clarifiant le tout et en choisissant de ressusciter la marque Talbot, qui selon une étude de marché, était la meilleure solution pour capter les clients européens. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné et la marque, remise en selle en 1979, disparaitra en France en 1986, en Espagne en 1987 et en Grande-Bretagne en 1995, sur ce dernier marché subsistait encore l’utilitaire Talbot Express.

La Simca Horizon est un bon témoin de ces années troubles, née Simca, elle s’éteindra Talbot. Elle fut présentée fin 1977 pour succéder à la 1100, dont elle reprit tous les principes techniques, traction avant, roues indépendantes, moteur transversal et carrosserie à hayon, le tout dans un style agréable bien en phase avec son époque et œuvre du bureau d’étude anglais de Whitley. Elle renforce ainsi le côté moderne et le renouveau de la marque entamé deux ans plus tôt avec les 1307/1308. Pareillement à ces dernières, la clientèle est au rendez-vous puisque plus de 200.000 unités seront produits en 1978. La famille Horizon est déclinée au départ en trois niveaux de finition, LS en entrée de gamme, GL au milieu et GLS au sommet. Les deux premières reprendront le moteur de 1118 cm3 et 55 ch issu de la 1100 et la troisième le 1294 cm3 de 68 ch des 1307.

Fin 1978, une nouvelle version innovante fait son apparition : la SX qui se distinguera par sa boite automatique, combiné au gros moteur de 1442 cm3 de 83 ch repris de la 1308, et surtout par son ordinateur de bord et régulateur de vitesse inédits en Europe sur une compacte à l’époque. Elle passera ainsi pour une voiture très moderne et c’est grâce à ces équipements qu’elle va décrocher son titre de voiture de l’année 1979, juste devant les Audi 80, Fiat Ritmo et trois ans après sa grande sœur 1307/1308.

Simca fêtera ce deuxième titre en lançant les séries spéciales « Jubilé » sur les Horizon, 1308 et Bagheera, les deux premières se distinguant par une peinture bi-tons sortant de l’ordinaire. Basée sur la finition GLS mais reprenant le moteur de la SX sans boite automatique, dopant ainsi les performances, on peut la considérer comme le fer de lance de la gamme Horizon.

Cette même année, pour le millésime 1980, est introduite la marque Talbot. Visiblement, les outillages n’étaient pas tous prêts à temps puisque la calandre est encore ornée du Pentastar de Chrysler !  Néanmoins, le logo de capot indiquera bien la nouvelle identité, alors qu’à l’arrière la marque Simca est encore maintenue, histoire d’assurer une transition. Il y aura donc trois marques présentes sur les Horizon cette année-là ! C’est lors du millésime suivant, soit 1981, que l’on va revenir à plus de cohérence avec des logos unifiés dont le T sur la calandre. Deux nouvelles versions font leur apparition : une GL avec le moteur de 1,4 l dont la puissance limitée à 66 ch lui permettra de revendiquer de faibles consommations et une plus sportive « S » basée sur ce même propulseur mais développant 83 ch. Ce n’était pas une  nouveauté puisque déjà vu sur les Jubilé, GLS « option performance » et série limitée « Spécial » de l’année d’avant. La présentation fera l’économie des chromes au profit du noir mat et disposera d’un original compte-tour linéaire à diode que l’on peut comparer à ce que l’on voit sur les chaînes Hi-fi du moment. Mais avec cette puissance, elle est loin d’une véritable sportive et des performances de sa contemporaine Golf GTI, elle sera abandonnée dès le millésime suivant, preuve qu’elle n’a pas convaincu les énervés du pied droit.

Le prochain gros changement dans la gamme Horizon sera l’introduction du désormais légendaire moteur diesel XUD de 1905 cm3 avec une puissance de 65 ch. Ce sera d’ailleurs le premier modèle du groupe PSA inaugurant ce moteur, avant même les 305 et BX. Au même moment, la SX disparaîtra au profit de la Premium qui gagnera un moteur de 1596 cm3 de 96 ch associé à une boite 5 vitesses lui octroyant une dimension plus routière. La gamme restera quasi inchangée jusqu’à son extinction en 1985 avec une production européenne d’un peu plus d’un million d’unités répartie sur trois usines : Poissy en France, Ryton au Royaume-Uni et Villaverde en Espagne. Ce chiffre honorable cache néanmoins une réalité bien triste car les 200.000 exemplaires/an n’ont été atteint que durant les deux premières années de production, en 1978 et 1979. Dès 1980, on retombe aux environs de 175.000 et au fil du temps, les chiffres ne cessent d’être à la baisse pour atteindre 62.400 en 1984, dernière année pleine. La fusion des réseaux commerciaux Peugeot et Talbot fin 1980 n’a évidemment pas aidé à la diffusion de l’Horizon, les vendeurs Peugeot étant plus enclins à vendre des 305 ! L’Horizon est arrêtée mi 1985 soit un an avant la disparition de la marque en France. Sa remplaçante, la Talbot Arizona, était pourtant prête et va finalement devenir in-extremis la Peugeot 309 !

Une trois portes sportive

Comme vu plus haut, il n’y pas eu de sportive digne de ce nom. Pourtant, en reprenant le 1596 cm3 de la Solora et en y greffant l’injection plus quelques autres améliorations, notamment au niveau des liaisons au sol et avec un investissement assez limité, l’Horizon aurait très bien pu tirer son épingle du jeu, ceci dans une version trois portes qui n’a jamais existé et que je vous propose ci-dessous. Afin de faire référence au passé de la marque, elle aurait pu être baptisée TI ou Rallye.

Je dois préciser que des études sur une variante sportive ont néanmoins été réalisées mais aucune n’est allée jusqu’à la commercialisation pour des raisons d’arbitrage politico/économique. Au sujet d’une version trois portes de l’Horizon, voir par ailleurs mon article sur la Talbot Sunbeam Lotus qui vous éclairera sur le sujet.

Une carrière Américaine

On ne peut bien sûr passer sous silence la carrière Outre-Atlantique de l’Horizon : suite à la crise pétrolière, il devenait irraisonnable de continuer à produire les longs et lourds paquebots, qu’étaient alors une grande majorité des automobiles yankee, ceux-ci consommant beaucoup d’essence. Ainsi en 1975, le gouvernement américain, à travers le programme EPCA (Energy Policy and Conservation Act = Loi sur la politique et la conservation de l’énergie), imposera aux constructeurs automobiles la production de voitures plus petites et plus économes. Pour Chrysler, L’opportunité était de reprendre la base compacte de notre Horizon européenne et de l’adapter aux goûts américains, ainsi sous une forme assez proche, les motorisations et les trains roulant n’auront rien à voir avec ceux que nous avons connus. Introduite en 1978, comme en Europe, sous les noms commerciaux de Dodge Omni et Plymouth Horizon, sa carrière sera plus longue puisque stoppée en 1990, soit un total de plus de dix ans, performance tout à fait honorable aux Etats-Unis où les changements de modèles étaient plus fréquents que de notre côté de l’Atlantique. La production était également plus importante chez nos cousins d’Amérique puisqu’environ 1,4 millions d’exemplaires ont été assemblés. Enfin, il y aura même une inédite déclinaison coupé mais dont le succès fut limité.

Conclusion

A l’époque du changement de patronyme, j’étais adolescent et très réceptif au vent de modernité qui soufflait sur la marque Simca/Talbot. Exit les désormais vieillissantes, 1000, 1100 et 160/180. Place aux modernes Horizon, 1510, Solara, Tagora et Matra Murena. De plus, le logo bleu, blanc, rouge me plaisait également. L’avenir semblait prometteur pour la marque en ce tout début des années 80, mais la gestion de trois marques différentes dans un même groupe n’était pas encore ancrée dans les habitudes d’un groupe.  Aujourd’hui, Stellantis dispose de pas moins de quatorze marques, espérons qu’ils saurons faire mieux qu’il y a quarante ans !

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Autres visuels des différentes Simca Horizon disponibles sur demande, contactez-moi ici

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