Renault 5 Alpine : « Supercar » en jogging

Présentée en 1972, produite à 5,7 millions d’exemplaires pendant 13 ans, meilleure vente en France de 1974 à 1983 (un record !) avec une part de marché de près de 17 % au début des années 80 ! On peut sans aucun doute affirmer que la Renault 5 fait partie des plus grands succès de l’histoire de l’automobile Française. Les plus de quarante ans qui me lisent, la connaissent bien cette petite Renault 5 : elle les a accompagnés une bonne partie de leur vie. Tous le monde avait une Renault 5 dans son entourage : il y avait papy Robert avec sa TL beige, La belle-mère avec sa L blanche, le tonton Jean-marie avec sa TS bleu métal, la maman de la copine Isabelle avec sa GTL verte, mon pote Alain avec son Alpine Turbo blanche (il se reconnaîtra !) et d’autres, comme moi, ont passé le permis de conduire sur une TL blanche ! Son succès est en tout premier lieu du à sa bouille avenante et moderne pour l’époque, les premières publicités la présentaient en tant que „Supercar“ aussi bien à l’aise en ville qu’à la campagne soulignant de fait son caractère sympathique et polyvalent. Une innovation importante caractérisait la Renault 5 à travers ses pare-chocs „boucliers“ en polyester. Car pour la partie mécanique et afin de limiter les coûts, Renault à puisé dans la banque d’organe de la marque et notamment des R4 et R6 dont la conception avait déjà fait son temps par rapport à la concurrence. En face, il y avait la Peugeot 104 avec une technologie bien plus moderne mais avec un design plus classique qui, malgré son succès très honorable, n’arrivera jamais à rivaliser en terme de ventes avec sa consoeur. La gamme a gentiment démarrée avec les versions L/TL puis s’est étoffée en puissance et équipement à travers les LS (1974), TS (1975), en version économique avec la GTL qui deviendra le coeur de gamme et quasiment simultanément à cette dernière est présentée en mars 1976 la version sportive de la gamme nommée Alpine. Cette dernière veut séduire la clientèle issue des Renault 8 et 12 Gordini ainsi que faire de la conquête bien-sûr sur le marché des sportives compactes qui un peu plus tard sera celui bien connu des GTIs. Alors pourquoi Alpine et non-pas Gordini ? Tout simplement parce que cette version est fabriquée à Dieppe dans l’usine d’Alpine ! Le moteur de 1397 cm3 développe 93 ch et permet à cette bombinette de filer à 170 km/h. Ce qui en fait la compacte sportive la plus puissante du marché Français et quasiment la seule puisqu‘en en face, la 104 ZS n’avait à l’époque que 66 ch et ne s’apparentait pas encore à une sportive, la Simca 1100 TI développait 82 ch, la Simca 1000 Rallye 2, 86 ch, mais avec une toute autre architecture (moteur à l’arrière). Quant à Citroën, il n’y avait tout simplement pas d’offre équivalente, il faudra attendre la Visa. La concurrence est plutôt à voir outre-rhin chez Volkswagen qui six mois avant Renault avait présenté la fameuse Golf GTI qui créera le segment de marché du même nom. Cette dernière était plus aboutie techniquement que la 5 Alpine et sa puissance était supérieure puisque portée à 110 ch et, cerise sur le gâteau, était un poil moins chère en tarif de base (31260 FF pour la Golf et 32000 FF pour la 5). Autant vous dire que la Golf a rapidement fait de l’ombre à la 5 Alpine, la première étant devenue un vrai phénomène de mode à la fin des années 70 et au début des années 80. Mais Renault n’a pas baissé les bras puisque en 1981, il décide de greffer un turbo monté au chausse-pied sur cette brave Alpine portant ainsi la puissance à 110 ch et comblant son retard sur la Golf. Elle est ainsi capable de rivaliser en performance pures avec sa rivale mais la conception de son chassis ne lui permet pas d’être aussi équilibrée que la Golf.

Je me souviens très bien de la configuration de la 5 Alpine de lancement que l’on voyait dans les revues telles que „L’Automobile“ et „L’Auto-journal“ : une teinte noire avec des liserets rouges, les fameuses jantes tôles dites „Fergat“ déjà vues sur la 12 Gordini et surtout ce fameux spoiler intégrant des feux supplémentaires qui donne tout son sel à sa personnalité. En voici donc une représentation :

Renault 5 Alpine noire blog
Renault 5 Alpine noire 1976

En 1977, les jantes Fergat pouvaient être remplacées par les jantes dites „bobine“ issues de l’Alpine A 310 et en 1980, ce sont les liserets périphériques qui sont modifiés voire même supprimés sur le capot et le hayon. La voici en teinte blanche :

Renault 5 Alpine blanche blog
Renault 5 Alpine Blanche 1981

En 1981, apparait donc l’Alpine Turbo avec la suppression totale des quelques chromes devenus noir mats, des liserets à nouveau modifiés et des jantes alus s’inspirant fortement de celle de la 5 Turbo tout court.

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Renault 5 Alpine Turbo bleu métallisé 1981

En 1982 le logo latéral A5 et remplacé par Turbo et en 1984, afin de laisser la place à la nouvelle Supercinq, Renault ajoute la dénomination „Lauréate“ à la 5. La sportive de la gamme perd du même du coup le patronyme Alpine avec une présentation et un équipement simplifié, pour l’occasion on retrouve les jantes tôles Fergat ! Cela permettait à tout un chacun de posséder une sportive à faible coût, environ 10000 FF de moins que la 205 GTI 105 comtemporaine. Avec ses pare-chocs désormais peint de la même teinte que la carrosserie, elle possède son propre charme.

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Renault 5 Lauréate Turbo blanc nacré 1984

La 5 sera finalement la seule Renault à utiliser le nom Alpine, les sportives suivantes de la marque seront soit des GT Turbo, 16s ou RS.

Terminons par une version spéciale qui a le look d’une Alpine mais qui est en fait une TS décorée à l’occasion du Monte-Carlo 1978. Renault a frôlé l’exploit en plaçant ses deux « planches à roulettes » aux deuxième (Jean Ragnotti) et troisième (Guy Fréquelin) places du classement général. Afin de saluer l’évènement a été produite la version spéciale suivante que je trouve particulièrement photogénique :

Renault 5 Monte-Carlo blog
Renault 5 Monte Carlo 1978

Alors au vu du succès du modèle, est-ce qu’il y aura un jour une néo-Renault 5 à l’instar des Fiat 500, VW Coccinelle ou autres Minis ? On en parle de temps en temps dans la presse automobile ou sur internet mais la décision appartient à Renault de s’engager dans la mouvance nostalgique. Aujourd’hui cela ne semble pas être le cas.

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