Peugeot 406 Coupé, l’Italie au service de la France

Lorsque Peugeot a présenté sa 406 Coupé à la fin de l’année 1996, son design fit l’unanimité et nombre de personnes estimaient que c’était une des plus belles voitures du moment. Vingt-cinq années sont passées et le recul du temps nous permet de confirmer totalement le jugement d’alors. Aujourd’hui, elle fait partie des légendes de la marque au lion au même titre que ses aïeuls 404 et 504 coupés. Elle n’a même pas connu de période de désintérêt et sa commercialisation terminée, elle est rapidement passée dans le statut de collectionnable. C’est Pininfarina qui est l’auteur de ce design aux formes douces et équilibrées, certains la comparant même à la Ferrari 456 GT, présentée au même Salon de Paris et provenant du même bureau de design. Excusez la comparaison plutôt flatteuse ! Démarrée avec la 403, la collaboration Peugeot avec le designer transalpin va ironiquement s’achever sur ce chef d’œuvre ! Plus aucune Peugeot postérieure à la 406 ne sera l’œuvre de Pininfarina mais uniquement du propre bureau de style Peugeot, mettant ainsi fin à une coopération de presque 50 ans. Cette dernière ne se limitant pas à l’étude de style mais également au montage proprement dit. Pour la 406, on va même aller au-delà de ce qui se faisant dans le passé : alors qu’avec les 404 et 504, Pininfarina réalisait d’abord la carrosserie pour l’envoyer à Sochaux afin de monter la mécanique, cette fois-ci, quasiment tout le travail est réalisé en Italie. Peugeot fourni simplement la structure tôle du châssis, ce dernier étant, de la baie moteur jusqu’au train arrière, rigoureusement identique à la berline. L’empattement égal entre les deux carrosseries, bénéficiera à l’habitabilité. Le terme de collaboration est d’ailleurs galvaudé, sous-traitance serait plus approprié, car Pininfarina va prendre en charge une grosse partie de l’étude ainsi que l’industrialisation, Peugeot se concentrant sur sa berline. Anecdote amusante qui montre que l’élève dépasse parfois le maître : afin d’être conforme à l’épreuve de crash-test, seul un essai sera nécessaire au coupé contre cinq pour la berline !

Rouler en 406 Coupé faisait de vous un homme de goût et c’était assez classe d’en posséder une. De plus, malgré le fait qu’à l’époque l’aura des premiums allemands étant déjà assez marqué, le coupé Peugeot pouvait donner le change ! J’avais un client qui aimait changer souvent de voiture, passant sans hésiter de la bombinette au 4×4 ou tout autre produit automobile. Séduit par le coupé Sochalien, il a jeté son dévolu sur un exemplaire Vert Lugano. Alors que je le félicitais pour son acquisition, je fus surpris par son retour de moue blasée voire déçue. Il me fournit rapidement l’explication de cette expression : « certes, elle est belle mais niveau sensation moteur, elle manque singulièrement de caractère ». Il est vrai qu’il avait opté pour le 2l quatre cylindre de 135 ch. repris à l’identique de la berline, les performances n’étaient pas exceptionnelles par rapport à ce que l’on attend d’un coupé, elles étaient tout simplement dans la norme, mais insuffisantes à son avis. Et encore heureux qu’il n’avait pas opté pour la transmission automatique qui faisait, sur ce propulseur, s’écrouler les performances au niveau d’une vulgaire citadine !

Pour goûter à plus de caractère, il fallait taper à l’étage plus haut, et opter pour le tout nouveau V6 type ES9J4 qui n’avait plus rien à voir avec le décrié « PRV » : sa cylindrée de 2946 cm3 et sa puissance de 194 ch., permettaient de croiser à 230 km/h sur les autoroutes allemandes et d’assurer un 0 à 100 en 8 s. Le premier deux litres en fonte cité plus haut sera remplacé par un alu en 1999 :  sa puissance de 137 ch. est quasiment inchangée mais l’agrément sera bien meilleur. Il faudra néanmoins attendre 2002 pour avoir un quatre cylindres vraiment intéressant, ce sera un 2,2 de 158 ch. dont les capacités font de lui une belle alternative fiscale au V6. Ce dernier ayant toutefois et entre-temps porté sa puissance à 207 ch. pour reprendre du champ. En ce début des années 2000, on est en plein boom du diesel et les mentalités sont désormais suffisamment mûres pour l’accepter sur un coupé, Renault ayant été précurseur avec sa Fuego Turbo Diesel ! Il s’agit ici d’un 2,2 HDI à injection directe de 133 ch. qui bénéficiera, comme tout diesel bien né, d’un couple honorable. Cette version sera bien sûr très appréciée des gros rouleurs qui veulent se déplacer de manière économique sans sacrifier l’esthétique.

Evidemment, comme toute Peugeot qui se respecte, le châssis sera à la hauteur de la réputation de la marque avec un très efficace compromis confort / tenue de route. Des regrets ? On peut déplorer l’adoption pure et simple de la planche de bord de la berline, de matériaux et d’une finition, sans être bas de gamme, qui ne sont pas tout à fait à la hauteur des références allemandes. Et dernier point qui est ma marotte : la taille des jantes et l’assise générale. La 406 coupé, comme la berline, souffre d’un mal récurrent à nombre de voitures : elle est un peu haut perchée et les roues sont un poil perdu dans leur passage de roues. Les illustrations ci-dessous vous permettent de visualiser une correction de ces deux points en partant des jantes d’origine « Tacoma ».

Allons encore un peu plus loin avec un coupé 406 élargi qui aurait pu être une version plus vitaminée que Peugeot n’a pas osé proposer.

La gamme a néanmoins été animée par différentes séries spéciales avec par exemple la « Settant’anni » qui célébrait les soixante-dix ans de la société Pininfarina. Sa présentation et son équipement associés au moteur V6 en faisant un véritable haut de gamme.

La carrière s’est étalée de 1996 à 2005 avec un léger restylage de la face avant en 2003. Les ventes ont été supérieures aux prévisions et pour faire face à la demande, Pininfarina produira plus de 107.600 exemplaires. Après un tel succès, sans doute le constructeur Italien regretta que Peugeot ne lui confiât pas un nouveau marché ! Ou pas, car la 407 coupé ne connaîtra pas le même succès !

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