Le V8 qui manquait à la Renault 30

The V8 the Renault 30 Always Deserved

FR – Pour son retour sur le segment du haut de gamme, Renault choisit de présenter sa nouvelle 30 au Salon de Genève 1975. Sur un stand voisin, Peugeot en faisait de même avec sa 604. Initialement prévue d’être révélée plus tard dans l’année, la berline sochalienne fut finalement avancée afin de ne pas laisser le champ libre au losange de Billancourt !

Partageant le même V6 PRV, elles nourissaient des ambitions similaires mais avec deux philosophies bien différentes : d’un côté, une très classique berline tricorps pour la 604 et de l’autre, une plus innovante proposition bicorps à hayon pour la 30. Pari osé à l’époque de la part de Renault pour ce segment de marché plutôt conservateur.  Avec le recul, on sait que c’est bien le clan du classicisme qui a remporté les suffrages des clients, même si dans l’absolu, les ventes d’aucun des deux modèles n’ont été à la hauteur des attentes. Renault pouvait néanmoins légitimement espérer un succès, ayant prouvé la pertinence d’un hayon au travers des succès commerciaux des 4, 5 et 16. Cette dernière, qui représentait un temps le haut de la gamme Renault, n’a pas été pénalisée par son hayon, bien au contraire.

Comment expliquer ce succès mitigé ? Est-ce la faute de la gourmandise du V6 PRV, au moment où, en pleine crise pétrolière, il fallait chasser le Gaspi ? Est-ce la qualité globale inférieure à celle des meilleures concurrentes du segment ou plus simplement un design pas assez attractif aux yeux des clients potentiels ?

Probablement un peu des trois mais, du haut de mes dix ans, j’aimais bien le design de cette 30 : ses quatre phares ronds et son arrière fastback lui donnaient un petit côté sportif. Cependant, faisait-il assez haut de gamme ? Renault a-t-il eu conscience de cette faiblesse éventuelle ? Le restylage de 1981 tente, à travers des pare-chocs plus épais, une calandre ornée de chrome et un intérieur entièrement revu, de répondre à ces questions en renforçant sa prestance. Hélas, cela n’a pas suffi.

Les illustrations ci-dessous représentent la 30 dans cette configuration post-1981 et en version Diesel Turbo.

ENFor its return to the executive car segment, Renault chose the 1975 Geneva Motor Show to unveil its new Renault 30. On the neighbouring stand, Peugeot was doing exactly the same with its new 604. Originally scheduled to be launched later that year, Peugeot brought its flagship forward rather than leaving the field clear for its long-time rival from Billancourt.

Powered by the same PRV V6, the two cars shared similar ambitions but followed very different philosophies. The Peugeot 604 was a conventional three-box saloon, while the Renault 30 offered a far more innovative two-box hatchback design. It was a bold move by Renault in what was still a rather conservative market segment. Looking back today, it’s clear that convention ultimately won over buyers, although neither model achieved the sales figures their manufacturers had hoped for. Renault nevertheless had every reason to be optimistic. The company had already demonstrated the appeal of the hatchback with the commercial success of the Renault 4, 5 and 16. The latter, which had served as Renault’s flagship for several years, certainly hadn’t suffered because of its hatchback layout—quite the opposite.

So why was the Renault 30 only a modest success? Was the thirsty PRV V6 to blame, arriving just as the oil crisis made fuel economy a major concern? Was it simply outclassed by the best-built competitors in its segment? Or was its styling not quite prestigious enough to appeal to executive car buyers?

Probably a combination of all three. Yet, as a ten-year-old boy, I rather liked the Renault 30’s styling. Its four round headlights and fastback rear end gave it a slightly sporting appearance. But did it look prestigious enough? Was Renault itself aware of this potential weakness? The 1981 facelift appears to answer that question. Thicker bumpers, a more chrome-laden grille and a completely redesigned interior all gave the car a stronger, more upmarket presence. Unfortunately, it wasn’t enough.

The illustrations below depict the post-1981 Renault 30 Diesel Turbo.

FR – Mais allons plus loin en imaginant que la Renault 30 ait finalement reçu le V8 envisagé à l’origine. Ainsi, Je réitère l’exercice déjà réalisé avec la 604, que vous pouvez découvrir en cliquant sur ce lien.

À nouveau, j’ai imaginé deux déclinaisons : une luxueuse et une sportive.

La première, que l’on baptisera V8 TX reprend la forme des phares vue sur la 16 TX et gagne quelques chromes supplémentaires au niveau de la calandre et des bas de caisse. L’ajout de jantes type BBS et de longues-portées finira de lui donner une touche plus exclusive.

ENBut let’s take the idea one step further by imagining that the Renault 30 had finally received the V8 engine originally planned during its development. As with my previous Peugeot 604 project—which you can discover via this link—I’ve imagined what might have been.

Once again, I’ve created two different versions: one luxurious and one sporting.

The first, called the V8 TX, adopts the headlamp treatment first seen on the Renault 16 TX while gaining additional chrome trim around the grille and along the sills. BBS-style alloy wheels and auxiliary driving lamps complete the more exclusive appearance.

FR – Avec la seconde, je renforce le côté sportif évoqué plus haut en la baptisant V8 Alpine, faisant ainsi un petit clin d’oeil à sa petite soeur, la 5. Ici, je supprime les baguettes latérales ainsi que tous les chromes. A la place, un noir mat très à la mode dans les années 80 et que j’applique également sur le bas de caisse. On obtient ainsi un effet bicolore, en phase avec les codes des sportives de l’époque. Impossible, bien sûr, de faire l’impasse sur un spoiler et des feux additionnels sous le pare-chocs avant. La calandre adopte un motif “coupe-frites” et pour finir, les jantes tentent de conserver l’esprit Renault du moment avec des motifs géométriques marqués.

EN – The second version pushes the sporting character even further. Named the V8 Alpine, it pays tribute to its little sister, the Renault 5 Alpine. Here, the side mouldings and all chrome trim disappear, replaced by matte black detailing—a very fashionable treatment during the 1980s—which also extends to the lower bodywork. The result is a distinctive two-tone finish, perfectly in keeping with the styling cues of the era’s performance cars. Naturally, a front spoiler and additional driving lights beneath the front bumper were essential additions. The grille adopts a distinctive « waffle-pattern » mesh, while the wheels retain Renault’s period design language with bold geometric styling.

FR – Est-ce que Renault, en renforçant la personnalité de sa berline à deux volumes haut de gamme, tel que décrite ici, aurait connu plus de succès ? Nous ne le saurons jamais… mais il est permis de rêver…

EN Would Renault have enjoyed greater success by giving its upmarket hatchback a stronger and more distinctive personality, as imagined here? We’ll never know… but it’s certainly enjoyable to dream.

Une réponse à « Le V8 qui manquait à la Renault 30 »

  1. Avatar de
    Anonyme

    un air d’Alfa avec le spoiler!

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire