Volvo 850 T5, un break pressé

Volvo est un peu à part dans le paysage automobile mondial, pas réellement considérée comme une pure marque premium, elle n’en reste pas moins une bonne alternative. J’en veux pour preuve deux souvenirs de jeunesse liés à la 140 : un voisin possédait une berline et exerçait le métier de responsable de supermarché, quand un oncle éloigné, alors PDG d’une entreprise de construction, se déplaçait dans le même modèle. Ces deux exemples montrent que les Volvo étaient, déjà à l’époque, considérées comme des hauts de gamme, l’aspect statutaire de la 140 en imposant et se plaçant d’emblée en haut du panier, sur le terrain de jeu des Mercedes et BMW. De plus, elle servira de base à celle qui fera tant pour la réputation de la marque, je fais évidemment allusion à la très fameuse 240 qui est, à ce jour, la Volvo la plus vendue de tous les temps. Elle a rencontré un beau succès, surtout en break, dans une bonne partie du monde y inclus les Etats-Unis. On la voit d’ailleurs souvent dans des productions cinématographiques de l’oncle Sam. C’est elle aussi qui va développer l’image de véhicules robustes et très sécuritaires que Volvo s’est forgé au fil des ans. L’organisme de sécurité routière Américain l’avait même prise comme référence pour définir leurs normes. Son style basé sur celui de la 140, sera passablement alourdi par des « rails de chemin de fer en guise de pare-chocs » dixit mon copain d’enfance Gilles. « Tank » ou « char d’assaut » seront d’autres qualificatifs usités pour décrire le modèle. Plus tard, grâce ou à cause d’un style résolument carré, certaines Volvo porteront le sobriquet de brique ou parpaing sur roues, surnom pas forcément négatif aux yeux des amateurs, je précise.

Je vous propose aujourd’hui une descendante directe des 140 et 240 citées plus haut, en l’occurrence la 850 qui, si vous l’ignorez, arrive en deuxième place des meilleurs succès de la marque. Apparue en 1991, uniquement en berline dans un premier temps, pour succéder à une 780 au style caricatural évoqué ci-dessus, la 850 va un peu arrondir ses angles pour plus de nuances. Proposée classiquement en moteur essences 4/6 cylindres et diesel 6 cylindres, elle va bâtir son image et sa réputation grâce à l’adoption d’un moteur 5 cylindres qui en feront une sportive la mettant en concurrence avec les meilleures réalisations germaniques ou italiennes. Par ailleurs, la couleur Yellow Cream adoptée pour la T5 de 1993 fera couler beaucoup d’encre et participera à la légende. Mais quelle mouche a donc piqué les si sérieux ingénieurs du nord de l’Europe ? Surtout qu’ils étaient en total décalage avec le contexte de l’époque, cette teinte étant en perte de vitesse, qui plus est sur un break ! Mais comme Mazda avec sa MX5 (voir mon article du mois dernier), les marketeurs Volvo ont eu du nez puisque le concept fait mouche. Personnellement, le détournement d’un break à la fonction première utilitaire vers une version sportive avec de grandes jantes me plaît beaucoup. Je ne suis pas le seul, car mon pote Alain était également sensible aux charmes de cette brique jaune. Avis que ne partageait pas du tout sa femme, est-ce à dire que le produit est plus masculin que féminin ? Allez savoir…

Mais je vais un peu vite, concentrons-nous un peu sur la 850 en général car cette dernière marquera une rupture à plus d’un titre : ce sera en effet la première traction avant à ce niveau de gamme pour la marque, qui en profitera pour greffer un nouveau train arrière élaboré, nommé Delta-Link, aux réglages apportant à la fois, une tenue de route plus affutée et un confort supérieur par rapport à son prédécesseur. C’est également la première voiture au monde à disposer d’un cinq cylindres en position transversale et, pour finir dans l’esprit sécuritaire du constructeur, elle va inaugurer le système de protection des chocs latéraux (SIPS). Cette 850 va non seulement séduire les aficionados de la marque, mais également des conducteurs venant d’autres horizons, plus habitués à conduire des voitures plus latines. Dès le départ, le moteur 5 cylindres à injection de 2435 cm3, 20 soupapes et 170 ch sera proposé en finition haut de gamme GLT exclusivement. Il faudra attendre 1993 pour voir évoluer celui-ci dans deux directions : vers le bas avec une mouture à 10 soupapes et une puissance réduite à 140 ch, vers le haut avec 225 ch obtenus en combinant une cylindrée réduite à 2318 cm3 et la greffe d’un turbo. Cette version baptisée T5 sera proposée en berline et nouveau break apparu début 1993. On notera au passage l’adoption de pare-chocs plus arrondis sur toute la gamme. Les essayeurs automobiles ainsi que les propriétaires loueront les qualités de ce moteur et de la 850 en général, faisant oublier le caractère pataud de certaines productions antérieures. Mais Volvo, se sentant pousser des ailes, ne s’arrêtera pas en si bon chemin puisque, successivement en 1995 et 1996, seront proposées les T5R de 240 ch. et R de 250 ch. A la fin de 1996, la marque va renouveler et unifier les dénominations de ses véhicules pour plus de clarté et cohérence de gamme. Ainsi, les 850 seront rebaptisés S70 pour la berline et V70 pour le break. Des détails de présentation permettront de les différencier par rapport aux 850 mais la mécanique restera inchangée. On pourra toutefois opter pour la transmission intégrale sur certaines versions dont la sportive V70R, un beau clin d’œil aux Quattro d’Audi ! Néanmoins, 1998 marquera l’arrêt de cette version R de 250 ch laissant le champ libre à la T5 de 240 ch pour figurer le haut de la gamme.

Une nouvelle S70/V70 sera proposée à la clientèle en 2000 mettant fin à la carrière de celle née 850. Si l’on veut tirer un bilan de la vie de cette dernière, on peut affirmer, à l’instar de la 240, qu’elle fut un modèle clé pour la marque, car avec ses 1,36 millions d’exemplaires produits, elle permettra à la fois de rafraîchir l’image Volvo et d’installer la marque plus fermement sur le marché mondial. C’est aussi, à mon sens, celle qui a initié un design progressivement moins radical, visible surtout à partir des S70/V70 deuxième série. Aujourd’hui, le style des Volvo, tout en subtilité et classicisme, possède un charme bien à lui, très apprécié de la clientèle, à telle enseigne que Volvo confirme sa place de véritable alternative aux véhicules premium. Pourtant, la marque a connu quelques soubresauts : une alliance avec Renault bien engagée mais subitement interrompue à la surprise générale, puis, un rachat de la branche automobile par Ford, pour finalement être revendu au chinois Geely. Opération salutaire avec le recul car, on apprécie ou non la main-mise du soleil levant, toujours est-il que l’injection d’argent dans cette société lui a permis de renaître avec des produits très attrayants.    

Petit délire tuning

A partir du break 850, je vous propose ci-dessous une version un peu plus radicale : des jantes de plus grand diamètre, une assiette rabaissée et surtout un pare-chocs avant plus carré renforçant le côté parpaing de la bête.

Et pourquoi ne pas imaginer un fourgon vitré ou tôlé sur cette même base ? Celui-ci étant destiné aux transports (très) express…

2 commentaires sur “Volvo 850 T5, un break pressé

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