Peugeot 205 Turbo 16 – When the Lion Showed Its Claws
FR – Au début des années 80, Peugeot traversait une situation financière critique, au point de frôler la catastrophe. Il fallait réagir pour relancer l’attrait de la marque. En plus de la campagne « Un constructeur sort ses griffes », un projet décisif se préparait : la 205. Avec ce modèle, le constructeur au lion allait déployer un plan produit et marketing ambitieux, comprenant notamment :
- un design innovant et séduisant, destiné à plaire au plus grand nombre ;
- une large gamme de versions, dont la GTI qui deviendra la locomotive de la famille ;
- des campagnes publicitaires marquantes ;
- et, bien sûr, un engagement en sport automobile.
Ce dernier rôle revenait à la 205 Turbo 16. Mais pouvait-on vraiment la considérer comme une « véritable » 205 ? En réalité, seuls quelques éléments de carrosserie et le dessin général étaient communs. Tout le reste différait : quatre roues motrices pour la T16, contre une simple traction avant sur les modèles de série ; moteur en position centrale arrière, associé à une mécanique 16 soupapes turbocompressée, là où la 205 du quotidien conservait son moteur à 8 soupapes en position avant conventionnelle.
Ce choix technique n’avait rien d’un hasard : Peugeot avait soigneusement étudié la concurrence et retenu les leçons de l’Audi Quattro, qui dominait alors le rallye. Véritable épouvantail face aux voitures à propulsion des débuts des années 80, l’Audi démontrait pourtant ses limites sur certains terrains en raison de son gabarit et de sa répartition des masses. La 205 Turbo 16, plus compacte et mieux équilibrée, se révéla beaucoup plus polyvalente, capable de briller sur terre, asphalte ou neige.
Dès son arrivée en Championnat du monde des rallyes en 1984, elle fit sensation avec trois victoires signées Ari Vatanen. La démonstration se poursuivit en 1985 et 1986, avec deux titres mondiaux malgré la résistance acharnée d’Audi et de Lancia.
Hélas, à la suite de trop nombreux accidents mortels, la FIA mit un terme aux légendaires Groupe B dès 1987. Les 205 T16 trouvèrent alors une nouvelle vie en Rallycross, au Pikes Peak ou encore au Paris-Dakar, où elles brillèrent à nouveau par leurs succès.
EN – In the early 1980s, Peugeot was facing a severe financial crisis, teetering on the edge of disaster. The company needed a bold move to rekindle interest in the brand. Alongside the advertising campaign “A carmaker bares its claws”, a decisive project was in the works: the 205. With this model, the lion brand would roll out an ambitious product and marketing strategy that included:
- an innovative and appealing design aimed at the masses,
- a wide range of versions, with the GTI set to become the flagship of the lineup,
- striking and memorable ad campaigns,
- and, of course, a commitment to motorsport.
That final role fell to the 205 Turbo 16. But could it really be called a “true” 205? In reality, only a few body panels and the general silhouette were shared. Everything else was different: four-wheel drive for the T16 versus front-wheel drive on regular models; a mid-mounted turbocharged 16-valve engine, while everyday 205s made do with a front-mounted 8-valve unit.
This technical leap was no accident. Peugeot had carefully studied its rivals and learned valuable lessons from the Audi Quattro, which was dominating rallying at the time. The Quattro was a terrifying opponent for the rear-wheel-drive cars of the early 1980s, but its size and weight distribution revealed weaknesses on certain surfaces. By contrast, the 205 Turbo 16, more compact and better balanced, proved far more versatile—equally at home on gravel, asphalt, or snow.
When it entered the World Rally Championship in 1984, the T16 made an immediate impact, taking three victories with Ari Vatanen at the wheel. The success continued in 1985 and 1986, when Peugeot clinched back-to-back world titles despite fierce opposition from Audi and Lancia.
Sadly, after a string of fatal accidents, the FIA banned the legendary Group B category in 1987. The T16 then found new life in Rallycross, at Pikes Peak, and in the Paris-Dakar, where it once again racked up victories.

FR – Pour homologuer la T16, le règlement imposait la production de 200 exemplaires routiers. Peugeot lança donc la fameuse « série 200 ». Mais son tarif de 290 000 francs, très élevé, la plaçait face à des voitures de sport de prestige comme la Porsche 911, sans offrir les mêmes prestations. L’habitacle, à la finition moyenne, et son moteur pointu, peu adapté à un usage quotidien, ne facilitaient pas sa diffusion. Les mesures de reprises publiées par L’Auto-Journal étaient même inférieures à celles d’une 205 GTI 105 ch (39,8 s contre 33,9 s sur 1 000 m en 5e !). « Particulièrement mauvais » écrivit l’essayeur. Heureusement, les accélérations et la vitesse de pointe étaient bien supérieures. Le magazine saluait aussi une « tenue de route exceptionnelle », un « freinage puissant » et une « direction précise ». Bref, une véritable machine à piloter, exigeante mais terriblement gratifiante, pour peu que l’on reste dans les hauts régimes.
EN – To homologate the T16, regulations required 200 road-going examples. Peugeot delivered the so-called “200 series.” Priced at 290,000 francs, it was eye-wateringly expensive, putting it up against prestige sports cars like the Porsche 911—without offering the same everyday usability. The cabin was spartan, and the highly strung engine made it ill-suited to daily driving. Performance figures confirmed this: L’Auto-Journal reported that in fifth gear, the T16 was slower over 1,000 meters than a 205 GTI 105 hp (39.8 seconds versus 33.9). The tester even described the result as “particularly poor.” Thankfully, outright acceleration and top speed were far superior. The magazine also praised its “exceptional handling,” “powerful brakes,” and “precise steering.” In short, a demanding but hugely rewarding driver’s car—provided you kept the engine singing high in the rev range.



À l’époque, les 200 exemplaires ne trouvèrent pas preneur immédiatement. Seuls quelques collectionneurs avertis, et fortunés, purent en profiter… et ils eurent raison : en 2025, une 205 Turbo 16 s’échange aux alentours de 200 000 €.
Terminons sur une note imaginaire : et si Peugeot avait décliné une T16 plus abordable, plus polyvalente, promise à un succès plus large ? Peut-être l’aurions-nous vue un jour en versions « Griffe », « Indiana » ou « Roland Garros »…
EN – Back then, the 200 road cars were slow to sell, attracting only a handful of wealthy collectors. But they were right to invest: in 2025, a 205 Turbo 16 commands around €200,000.
Let’s end on a playful note: imagine if Peugeot had built a more affordable, more versatile T16, one destined for greater sales success. Who knows—perhaps we would have seen it one day as a “Griffe,” “Indiana,” or even a “Roland Garros” edition…




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